Dans quel ordre les lire
Ils suivent l’ordre d’un projet réel. On commence par les matières, parce que ce sont elles qu’on touche en premier et qu’elles décident de ce que la cuisine supportera pendant dix ans. On passe ensuite à l’implantation, qui est ce qu’on vit tous les jours sans y penser. On finit par les détails, la lumière, le rangement, la poignée, qui semblent secondaires au moment de signer et deviennent le sujet principal une fois la cuisine posée.
Aucun de ces guides ne donne de prix, et ce n’est pas une prudence de façade : aucune source publique n’en publie, et les estimateurs professionnels se contredisent d’un facteur deux à trois sur les mêmes postes. Ce qui se dit à la place, c’est ce qui fait varier un devis, poste par poste, ce qui est vérifiable et bien plus utile qu’un chiffre au mètre linéaire.
Une remarque sur les sources, enfin. Chaque fois qu’un de ces guides énonce une règle de droit, de fiscalité ou de norme, il cite le texte qui la porte, avec sa date. Ce n’est pas une coquetterie : sur ce métier, la moitié des affirmations qui circulent sont fausses ou périmées, à commencer par la plus répandue de toutes, celle qui promet quatorze jours de rétractation après un achat en magasin.
Une dernière chose, sur ce qu’ils ne remplacent pas. Aucun guide ne dira ce que votre pièce autorise : cela se relève sur place, parce que les murs ne sont pas d’aplomb, que le sol n’est pas plan et que l’évacuation n’est jamais où le plan la suppose. Ce que ces textes préparent, c’est la conversation qui suivra. Quelqu’un qui sait pourquoi son plan de travail doit résister à la chaleur, ou pourquoi son extraction décide de l’implantation, pose de meilleures questions et obtient de meilleures réponses. C’est tout ce qu’ils cherchent à faire, et c’est déjà beaucoup pour un projet qu’on ne mène qu’une ou deux fois dans sa vie.